André Birre (1904-1991)

Très inspiré par l’agronome Pierre Sauvageot, qui avait lancé en 1942 une « croisade du blé » pour « sauver le Sol et la race de France par l’aliment “christique” », André Birre fonde en 1948 l’association L’Homme et le Sol, avec l’aide de Jean Boucher, afin de lancer la « Croisade pour l’Humus ». En 1952, André Birre rejoint l’Association pour la recherche d’une alimentation normale (AFRAN) créée par le Dr Bas, et en devient le délégué à la propagande. Dans les années cinquante, il dirige aussi différentes associations comme l’Organisation scientifique pour l’entretien de la vie ou l’Association nationale pour l’étude de la fertilité vivante des sols. Surtout, il collabore régulièrement à la revue Vie et Action du naturopathe André Passebecq. En 1956, il publie son traité d’agronomie biologique Un grand problème humain, l’humus, qui reprend pour l’essentiel les thèses de Sauvageot, revisitées par les écrits de Howard et de Pfeiffer. Il y recommande aussi de lire et d’étudier L’homme, L’homme, cet inconnu d’Alexis Carrel. En 1958, il crée, avec André Louis et Mattéo Tavera, le Groupement d’agriculture biologique de l’ouest (GABO, rebaptisé en 1962 « Association française d’agriculture biologique » ou AFAB). Mais en raison de la trop grande influence de Raoul Lemaire et Jean Boucher sur l’AFAB, le trio décide de créer en 1964 leur propre structure en faveur de l’agriculture biologique : Nature & Progrès, Association européenne d’agriculture et d’hygiène biologique. Dans la revue de Nature & Progrès, André Birre ne cache pas d’avoir été séduit par la politique du « retour à la terre » du maréchal Pétain. Il affirme par ailleurs que « pour satisfaire à l’obligation de la vie à proximité du sol nourricier, il nous faut saisir la nécessité d’un retour massif des populations au sein d’un monde rural totalement renouvelé », et prône « la reconstitution des communautés de base : la famille, le village, le pays, la région, par transfert de populations vers les espaces ruraux, exactement à l’opposé de ce qui se fait aujourd’hui ».