Dans les années 20 et 30 : les pionniers

La modernisation de l’agriculture à la fin du 19e siècle engendre un mouvement réactionnaire promouvant une agriculture et une alimentation basées sur des méthodes dites « naturelles ». Rudolf Steiner et sir Albert Howard dessinent les contours de l’agriculture biologique, interdisant toute utilisation de produits issus de la chimie, et en particulier des engrais de synthèse, alors qu’un courant « d’hygiénisme alimentaire » prend forme en France. Pour la première fois, en 1930, la population urbaine française dépasse la population des campagnes ; une situation déplorée et décrite par Jean Giono dans Regain.

1924 : Rudolf Steiner donne ses « Cours aux agriculteurs » et définit le fondement de l’agriculture biodynamique

1924 :Sir Albert Howard devient le directeur de l’Institut pour l’Industrie de la Plante, dans l’Etat d’Indore (Inde), et met en place sa méthode de fabrication de l’humus.

1925 : Le Dr Paul Carton publie La cuisine simple pour promouvoir l’hygiénisme alimentaire.

1931 : Après avoir rencontré le Dr Carton, Raoul Lemaire lance son « pain naturel »

1931  : Sir Albert Howard publie The Waste Products of Agriculture

1935 : Alexis Carrel publie L’homme, cet inconnu. Il dirige alors le Centre d’études des problèmes humains notamment avec Aldous Huxley.

1938 : Jean Giono publie Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix, célébration de la paysannerie face à la cité.

1940 : Influencé par Steiner et Howard, lord Northbourne publie Look to the Land dans lequel le terme « agriculture organique » apparaît pour la première fois.

1941 : Tandis qu’Henri Pourrat reçoit le prix Goncourt pour Vent de Mars (vibrant éloge de la paysannerie française et du pétainisme, tout comme L’Homme à la bêche, publié en 1940), Henri-Charles Geffroy publie Nourris ton corps.

1943 : Lady Balfour publie The Living Soil tandis que sir Albert Howard publie son Testament Agricole.