Depuis 1973 : la grande mutation et l’institutionnalisation du bio

Petite à petit, de nouvelles structures organisent le monde de l’agriculture biologique qui va connaître une grande mutation. C’est l’époque de la prise en main de l’écologie par une certaine gauche radicale et anti-progrès. Ce sont les « années Fournier », du nom du fondateur de la Gueule ouverte. Ainsi, « la défense de la “terre qui ne ment pas” passe du pétainisme à l’extrême gauche  », note le philosophe Bernard Charbonneau. A partir de la fin des années 1990, l’agriculture biologique commence cependant à sortir de sa marginalité et à s’institutionnaliser, avec de nouveaux acteurs qui en prennent les rennes.

1972 : Publication par le Club de Rome de Halte à la croissance ? et par Teddy Goldsmith de Changer ou disparaître ?

1974 : N&P organise son dixième congrès sur le thème « Comment changer ? » et amorce sa mutation.

1976 : N&P traverse sa plus grande crise existentielle, tandis que débute l’éclatement de l’entreprise Lemaire-Boucher.

1975 : Première édition du Salon Marjolaine, dont N&P est l’une des organisations fondatrices.

1978 : Création de la Fnab (Fédération nationale d’agriculteurs biologiques), le syndicat professionnel des agriculteurs bio.

1980 : Le réseau de magasins La Vie Claire est reprise par le groupe Bernard Tapie.

1986 : Création de Biocoop et d’Eccocert.

1993 : Le logo officiel AB est mis en place par l’Etat.

2001 : L’Agence Bio voit le jour avec pour mission de faire passer les surfaces agricoles de moins de 2% à 5% de la SAU en 5 ans. Ce sera cependant un échec.

2007  : Un nouvel élan est donné avec le Grenelle de l’environnement, qui fixe comme nouveaux objectifs la conversion de 6% de la SAU pour 2012 et 20% pour 2020. Avec une croissance à deux chiffres, le marché du bio (3 milliards d’euros en 2010) commence à intéresser les grands noms de l’agro-alimentaire, qui prennent des parts de plus en plus grandes de ces ventes.

2011 : Quatre ans après le Grenelle, les surfaces converties au bio peinent à dépasser les 3%. En revanche, les importations de produits bio s’accélèrent, car la demande poursuit sa croissance.