Le saviez-vous : santé ?

Il n’y a pas de différences nutritionnelles entre un aliment bio et son équivalent conventionnel

A ce sujet, les avis des experts sont unanimes. Tout récemment, le Pr Léon Guéguen et Gérard Pascal ont récensé l’ensemble des publications qui traite de cette question. Ils en concluent que «  les faibles différences observées entre aliments Agriculture Biologique et Agriculture Conventionnelle n’ont aucune répercussion significative sur la nutrition et la santé   ». Par ailleurs, les travaux de l’Afssa, ainsi qu’une méta-analyse britannique réalisée par le Dr Alan Dangour et les recherches américaines du Dr Smith-Spangler convergent vers une même conclusion  : les produits issus de l’agriculture biologique ne se distinguent pas de ceux de l’agriculture conventionnelle, dès lors qu’un parcours agronomique similaire a été utilisé.

Les aliments « naturels » contiendraient une mystérieuse « force vitale ».

Certains partisans de l’agriculture bio rétorquent que la qualité nutritionnelle supérieure ne peut pas se mesurer, mais qu’il existe une mystérieuse « force vitale ». C’est en effet ce qu’explique, notamment le Dr Lylian Le Goff   : «   Ce “plus bio” nous permet de renouveler notre potentiel vital. Les aliments doivent en effet nous apporter à la fois des matériaux et de l’énergie, qui n’est pas – seulement – celle que libère la combustion des sucres, des graisses et des protéines (notion classique), mais qui est aussi – et surtout – une “énergie vitale” restituée par l’aliment sous forme de composés à haut potentiel d’énergie (particulièrement les vitamines et oligo-éléments catalyseurs des réactions biochimiques cellulaires).  » Ce concept mystique de « potentiel vital » ou d’« énergie vitale » a été développé par Rudolf Steiner, le père de l’anthroposophie et par le naturopathe hygiéniste Paul Carton au début du XXème siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, ces thèses ont été essentiellement portées par le fondateur de La Vie Claire, Henri-Charles Geffroy (1895-1981) et par le naturopathe André Passebecq (1920-2011). Toutefois, elles n’ont jamais été validées par la science.

Le discours anxiogène sur la nourriture date… des années vingt !

Déjà dans les années trente, des pseudo nutritionnistes expliquaient que la nourriture était devenue néfaste pour la santé. On doit ce discours essentiellement au Dr Paul Carton et à Rudolf Steiner, qui écrivait dans les année 1920 : «  Telle qu’elle est actuellement, la nourriture ne donne plus à l’être humain la force de manifester l’esprit dans le physique. […] Les plantes alimentaires ne contiennent plus les forces qu’elles devraient donner aux gens  ».

Ce discours a ensuite été largement diffusé dans les années 50 et 60. Notamment par le biais du Dr Bas : «  Les hommes, les animaux, les plantes, la terre, sont en voie de dégénérescence. Cette dégénérescence est rapide et la résistance vitale de nos contemporains est déjà gravement atteinte   », écrivait cet éminent membre de N&P. Un refrain repris en 1963 par Henri-Charles Geffroy : «  Longtemps, le pain entra pour trois-quarts dans la nourriture des hommes de notre pays. Dans le même temps, ils ignoraient les maladies de carence. Or, depuis 50 ans que l’industrie s’est permis de toucher à ce pain ancestral, en le privant des qualités essentielles de la graine, notre régression biologique a pris des proportions telles qu’il sera bientôt impossible d’en arrêter les effets si une intervention énergique ne se produit pas .  » Bref, les discours de Cassandre des Belpomme, Chevallier, Saporta, Robin et consorts n’ont rien de nouveau.

Et pourtant, en France, l’espérance de vie ne cesse d’augmenter.

Déjà dans les années 60 et 70, les partisans de l’agriculture biologique expliquaient que l’espérance de vie allait diminuer à cause de « l’alimentation industrielle ». Ainsi, en 1971, Claude Aubert, le premier secrétaire général de N&P, écrivait : «  la mortalité, qui avait nettement diminué entre 1950 et 1971, recommence à augmenter légèrement  ». Depuis, elle n’a cessé d’augmenter puisque nous avons gagné 6 ans. Mieux encore, comme l’a démontré un groupe de chercheurs travaillant dans le cadre de l’Observatoire européen des espérances en santé, on vit aujourd’hui sans incapacité jusqu’à 68 ans en moyenne dans l’Union européenne. Donc en meilleure santé et plus longtemps !