Incidents bio

Tout comme les autres filières agroalimentaires,
la chaîne bio n’est pas exempte de défaillances :

2010 : 2500 tonnes de maïs bio contaminé à la dioxine
En mai 2010, la presse allemande a révélé que 2500 tonnes de maïs bio avaient été contaminées par de la dioxine, une substance cancérigène. Ces lots ont été utilisés dans l’alimentation des poules, entraînant le retrait de millions d’œufs bio. Le maïs bio était importé par bateau d’Ukraine, et livré en Hollande, où se situe l’usine de transformation d’aliments biologiques de la société néerlandaise ForFarms. Selon ForFarms, un certificat confirmait pourtant une teneur en dioxine conforme à la législation européenne, alors que la réalité était bien différente !

2009 : Des produis bio à base d’arachide à l’origine de 690 maladies et de 9 décès
Entre janvier et mars 2009, une contamination à la salmonelle aux États-Unis a mis en évidence les lacunes des services de contrôle sanitaire, notamment dans la filière bio. En moins de trois mois, 46 États ont été secoués par un scandale qui a fait 9 morts et plus de 690 malades (dont la moitié étaient des enfants). À l’origine de la contamination : trois usines de cacahuètes – dont deux bio – situées en Géorgie, en Virginie et au Texas, et appartenant à la société Peanut Corporation of America (PCA), une entreprise dont le chiffre d’affaires s’élevait en 2008 à 25 millions de dollars. Une défaillance dans le système de chauffage qui permet d’éliminer la contamination bactérienne, et la réutilisation par l’usine d’eaux usées pour laver les différents lieux de stockage, auraient entraîné un phénomène de contamination croisée, dont l’origine aurait été une fertilisation défaillante dans la culture de cacahuètes bio importées de Chine.

2008 : Plus de 2000 tonnes de soja bio contaminé à la mélamine
En octobre 2008, la société Bio nutrition animale, filiale de Terrena spécialisée dans la fabrication d’aliments bio, a importé de Chine du soja présentant une contamination à la mélamine. Ce soja, incorporé dans de la nourriture destinée à la filière de la volaille biologique, a partiellement été distribué (environ 1000 tonnes) aux producteurs. Le restant (environ 300 tonnes) a été récupéré et 900 tonnes supplémentaires ont été consignées en usine. Ils ont tous été détruits.

Comme l’a révélé Le Figaro, Terrena n’a pas été la seule coopérative touchée. De la mélamine a été découverte au même moment aux Pays-Bas dans des farines de soja chinoises destinées à l’alimentation du bétail. Les aliments contaminés ont été retirés le lendemain des exploitations auxquelles ils avaient été livrés.

2006 : Epinards bio à l’origine de 23 cas d’insuffisance rénale
En septembre 2006, vingt-trois cas d’insuffisance rénale (entraînant des séquelles à vie) et plus de 150 hospitalisations, ont été recensés dans vingt et un Etats américains, suite à une contamination d’épinards bio de la société Natural Selections Foods LLC, spécialisée dans la distribution d’aliments bio basée à San Juan Bautista (Californie). L’enquête a révélé que la contamination microbienne par Escherichia Coli de sérotype O157:H7, provenait de composts d’origine animale particulièrement riches en azote, mais susceptibles de véhiculer des germes bactériens pathogènes pour l’homme.

Comme il n’existe aucune réglementation en matière d’épandage de fumier bio, le risque de contamination par Escherichia Coli est six fois supérieur en agriculture bio qu’en agriculture traditionnelle, a démontré une étude de l’Université du Minnesota, publiée dans le Journal of Food Protection en 2004.

Et les scandales qui n’éclatent… jamais !

Les filières bio, qui surfent sur la qualité de leurs produits, sont très mal à l’aise avec certaines pratiques contraires à leur image. Notamment l’usage de fiente de volaille ou de lisier de porcherie. Or, ces fumiers autorisés en AB peuvent contenir de la farine de viande ou de la farine de plumes. Comme le note un site internet de producteurs bio, ces farines « concentrent métaux lourds et résidus de traitements véto ». « Un de ces jours, ça va immanquablement finir par une campagne médiatique pour décrédibiliser la bio », peut-on lire ensuite...